Le panier du gourmand : noix, bleu du Vercors et eaux-de-vie à rapporter du marché
Photo: sunny mama, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons
Il y a des souvenirs qui se photographient, et d'autres qui se goûtent. Autour de Pont-en-Royans, le meilleur du Vercors tient dans un panier : des noix au parfum d'huile rancie, un bleu crémeux au caractère bien trempé, une eau-de-vie qui réchauffe la gorge au premier verre. Petit guide pour repartir avec le vrai.
La noix de Grenoble : l'AOC à ne pas rater
C'est le trésor local par excellence : la noix de Grenoble fut la première fruitière d'Europe à décrocher une appellation d'origine, en 1938. Dans le Royans, les noyeraux ne sont jamais loin et les producteurs ne manquent pas.
Comment bien choisir ? Trois variétés se partagent le marché :
- Franquette : la reine, allongée, douce et fine, parfaite à croquer.
- Mayette : généreuse, au goût franc.
- Parisienne : ronde et parfumée.
Comptez 6 à 10 € le kilo de noix fraîches en saison (septembre-octobre), davantage pour le cerneau préparé. L'astuce : privilégiez les noix encore en coquille, plus faciles à conserver, et gagnez-les dans un torchon de temps en temps à la maison. Une noix qui sonne creux quand on la secoue est une noix trop sèche.
Le bleu du Vercors-Sassenage : l'AOP méconnue
Moins célèbre que son cousin du Dauphiné, le bleu du Vercors-Sassenage n'en est que plus précieux. AOP depuis 1998, ce fromage au lait de vache doit sa légèreté relative à un mélange de laits des jours précédents, une tradition montagnarde. Sa pâte onctueuse, ses arômes de noisette et de sous-bois en font un fromage qui plaît même à ceux qui boudent les bleus.
Sur les étals, la meule entière pèse environ 1,5 kg ; comptez 15 à 20 € le kilo. Les producteurs fermiers du Vercors vendent aussi à la coupe, idéale pour une dégustation d'ici la semaine. Côté cuisine, il fond à merveille dans une quiche ou sur une tartine de pain de campagne, avec quelques cerneaux de noix — le mariage est local, donc évident.
Les eaux-de-vie : le souvenir qui pique
Le Royans a toujours distillé ses fruits. Dans les fermes et chez quelques distillateurs artisanaux de la région, on trouve des eaux-de-vie de poire Williams, de prune, de coing ou de noix — la fameuse liqueur de noix verte, à macération, qu'on sert frais en apéritif.
Pour bien choisir :
- Privilégiez les distillations fermières, souvent plus typées que les grandes marques.
- Une bonne eau-de-vie de fruit titre généralement 40 à 45 % et doit rester franche au nez, jamais agressive.
- Comptez 15 à 30 € la bouteille de 50 cl selon le fruit et l'âge.
Conserver, offrir, prolonger
Les noix se gardent un an au sec, à l'abri de la lumière ; le bleu se enveloppe dans son papier d'origine au réfrigérateur et se sort une heure avant dégustation ; les eaux-de-vie se bonifient debout, à l'abri de la chaleur.
Et si vous passez au marché de Pont-en-Royans, prenez le temps de discuter avec les producteurs : ici, on raconte la noix comme on raconte une histoire de famille. C'est sans doute ça, le meilleur des Vercors — quelque chose qu'aucun emballage ne peut contenir.